Nos deux reporters Lucie Bindu et Rehema Kabuo se sont rendus à La Haye, aux Pays-Bas, pour couvrir le procès de Jean-Pierre Bemba pendant quelques semaines. Elles nous font ici un bilan du procès avant la reprise des audiences le 30 janvier.
Jean Pierre Bemba Gombo est le commandant en chef rebelle du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et l’ancien vice-président de la République Démocratique du Congo.
Il est la quatrième personne à être jugée par la Cour Pénale Internationale (CPI) qui siège à La Haye au Pays-Bas.
Arrêté en Belgique en mai 2008 puis transféré à la CPI, il est tenu pénalement responsable de trois crimes de guerre (viol, meurtre et pillage) et de deux crimes contre l’humanité (viol et meurtre).
Bemba est accusé d’avoir agit en tant que commandant des troupes du MLC qui aurait commises des viols, meurtres et pillages en République Centre Africaine.
Le procès a débuté le 22 novembre 2010 et 36 témoins sur les 40 témoins de l’accusation ont été présentés devant les juges. Le premier témoin avait parlé de la nature des crimes commis. Le deuxième témoin était une psychologue qui avait parlé des traumatismes dont souffrent les victimes centrafricaines de violence sexuelle. Selon l’accusation, le viol était utilisé comme arme de guerre par les troupes du MLC.
Concernant l’identité des auteurs des crimes, la défense avait évoqué le fait qu’étant donné que d’autres forces étrangères étaient aussi présentes sur le sol centrafricain lors du conflit (notamment des soldats libyens et tchadiens), n’importe lequel de ces groupes pouvait avoir perpétré les crimes décrits par les victimes.
Parlant de la réaction de Bemba face aux atrocités, le témoin 23 avait affirmé que les crimes avaient diminué après que Bemba se soit adressé à ses troupes. Mais d’autres témoins ont déclaré que les agressions avaient persisté.
Au cours du procès, l’accusation a voulu démontrer par l’audition d’un expert militaire que Bemba exerçait un contrôle direct sur ses troupes déployées en 2002 et 2003 en RCA et aurait pu les empêcher de commettre des crimes.
La défense a soutenu que Bemba n’avait plus le commandement sur ses troupes déployées en RCA, une fois qu’elles avaient quitté le sol congolais.
Selon le colonel Thierry Lingbe et Joseph Mokondoni ainsi que deux témoins identifiés par les noms d’Oscar et de Mathieu, le commandement de la milice de l’ancien vice président congolais était passé sous celui du président Ange Félix Patassé.
Après les vacances d’hivers observées par la cour, les audiences devraient reprendre ce vendredi 30 janvier avec l’audition du 37ème témoin de l’accusation.
Plus de 1800 victimes participent au procès.
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